Bonjour,
La mode éthique est symptomatique de notre société de consommation devenue schyzophrène : la conscience socio-écologique nous guide à acheter plus éthique, c'est-à-dire : consommer de préférence des produits respectueux de l'environnement et des personnes participant à leur fabrication et à leur vie (nous, consommateurs). Mais, comme dans d'autres sphères de consommation, nous restons toujours sensibles à deux éléments principaux : le prix et le désir.
Deux questions se posent alors :
1 • Sommes-nous conscients que rechercher le prix le plus bas est synonyme de "conditions de travail les moins respectueuses" (1), "danger pour la santé" (2), "danger pour l'environnement" (3) ?
2 • L'expression "être à la mode" a-t-elle un sens ? Est-ce vraiment responsable d'acheter des vêtements qui, dans quelques mois ne seront plus tendance ou dégradés car de mauvaise qualité ? Ne serait-il pas plus sage d'acheter des habits plus basiques qui resteront esthétiques et de bonne qualité même après plusieurs saisons ? Une idée : la customisation !
Il est donc évident qu'acheter éthique veut dire acheter plus cher mais veut surtout dire acheter de meilleur qualité (et de meilleur équité !).
Mais rassurez-vous, il est maintenant possible de trouver de quoi s'habiller éthique et assez stylé. Et c'est pourquoi ce mouvement de la mode éthique prend de l'ampleur : en effet, il est fini le temps où l'écologie dans le vêtement signifiait "poncho péruvien". Nous sommes passés du vêtement éthique à la mode éthique. Nuance 
Donc, comme vous l'aurez compris, sans me dévoiler, je suis créateur d'une de ces marques et ai donc à coeur de sensibiliser le public car je pense avoir une vision assez complète des enjeux stylistiques, économiques, sociaux et politiques du développement durable appliqué à la mode. De plus, de façon à éviter toute pub cachée, je ne prendrai pas la responsabilité de citer telle ou telle marque mais vous informe que vous trouverez de quoi satisfaire vous désirs d'éco-fashionistas en faisant quelques recherches internet sur des mots clés bien trouvés !
Dernière chose : n'hésitez pas contacter les marques que vous repérez en leur demandant des explications précises sur leurs filières, leurs démarches, leur position stylistique... comme partout, l'abus peut détruire les vraies bonnes idées.
Et, si vous voulez en savoir plus... il reste possible de m'envoyer un message perso !
Bonne lecture et, bientôt la fête des mères... 
________ Notes __
(1) Dans l'industrie textile, la grande majorité du coût de revient est la confection. C'est-à-dire le "temps homme" passé derrières des machines pour découper le tissu, en assembler les différentes parties, coudre les boutons, étiquettes, perles, accessoires, ... repasser le produit, le conditionner... Donc, plus ce temps homme est bon marché, plus le prix que nous trouverons dans nos magasins sera bas. Et comment réduire le coût humain ? En réduisant les salaires, en condensant un grand nombre de petites mains dans les usines, en limitant les frais pour leur sécurité...
(2) si la question vous intéresse, je saurai vous faire peur en vous citant des exemples comme le formol (utilisé couramment pour rendre les produits faciles à repasser) qui, depuis 2004 est officiellement classé comme cancérigène par le Centre de Recherches International contre le Cancer. Un exemple parmi tant d'autres produits présents dans nos vêtements, même les plus intimes, et qui passent par la peau pendant toute la durée de notre vie... Mieux vaut être nudiste...
(3) Les dangers pour l'environnement de l'industrie textile sont nombreux. Quelques questions : quelles quantités de pesticides utilisées pour faire pousser le coton ? Combien d'étapes de transport générant du CO2 sur l'ensemble de la filière ? Qu'advient-il des eaux souillées utilisées pour la teinture ? Que deviennent les chutes textiles ? Les matières synthétiques sont-elles issues de ressources renouvelables ou de la pétro-chimie ?